Il était une fois : « les fourmis »

 

« Il était une fois une Princesse qui rencontra un Prince. Ils se marièrent et eurent de nombreux enfants » : ainsi pourrait commencer l’histoire de nos fourmis.

Malheureusement l’histoire se gâte très vite ! Le Prince meurt après l’accouplement et la Princesse devenue une Reine veuve, se retire à tout jamais dans une retraite secrète pour assurer, durant toute sa vie des dizaines, des centaines, des milliers d’enfants…

Cette petite histoire anthropomorphique comme pas possible (!) résume (et le terme est faible, je m’en excuse par avance auprès de nos amis Myrmécologues) la vie d’une Reine…

Cette dernière, va stocker dans un organe nommé « spermathèque » le sperme du mâle (ou des mâles selon les espèces) qui lui servira jusqu’à sa mort. Certaines Reines (chez les « Formica » notamment) peuvent vivre entre 15 et 20 ans et donc assurer une descendance disons… prolixe…si son habitat n’est pas détruit entre temps…

Elle va s’entourer de centaines voir de milliers d’ouvrières asexuées, car oui : ce sont des communautés matriarcales. Les mâles ne sont « produits » que pour perpétuer la descendance de l’espèce et meurent très rapidement une fois après avoir accompli leur rôle.

Lasius sp Larris de la Sablonnière BSM 13 01 2014 010

Les ouvrières peuvent atteindre jusqu’à 13 mm pour les plus grandes. Ici une Lasius (sp) mesurant 2 mm, mais les plus petites mesurent seulement 1 à 1.5 mm et peuvent fonder une colonie entière dans un unique gland de chêne.

 

En résumé, voici les 3 « castes » les plus souvent représentées  :

1 – Les reines : elles pondent les oeufs et fondent la société. Sexuées, elles sont ailées avant de devenir aptères (avec la perte des ailes) une fois fécondées. Elles se différencient des ouvrières par leur taille (plus grandes) un thorax et un abdomen plus imposant.

2 – Les mâles : n’interviennent ponctuellement qu’au moment de la procréation. Sexués, ils sont toujours ailés.

3 – Les ouvrières participent à la vie en société :  elles s’occupent du couvain, recherchent la nourriture, s’occupent et défendent la fourmilière. Elles sont asexuées et toujours aptères.

FDC CR MUETTE 16 DECEMBRE 2013 022

Ouvrière de Fourmis rousse (Formica polyctena), Forêt de Compiègne 2014.

 

Les Fourmis sont des insectes sociaux appartenant au même ordre que les abeilles, guêpes ou bourdons : les hyménoptères.

Il existe plus de 12 000 espèces de fourmis au monde dont la plupart se trouvent dans les pays tropicaux. Chaque année de  nouvelles espèces sont trouvées dans la canopée. Le chiffre est faible comparé aux 950 000 espèces d’insectes décrits. Cependant leur « biomasse » représente 15 à 20 % de toute la biomasse animale terrestre (L Passera, 2005) ! Cela impose donc le respect !

La France métropolitaine compte quant à elle environ 200 espèces et les spécificités des nombreux genres permettraient d’alimenter ce blog pendant des mois entiers (identification, type d’organisation, la pratique de l’élevage des pucerons (!), l’esclavagisme, biotope, leur protection, leur utilité pour l’Homme, les nuisances des espèces invasives, , etc…) .

La connaissance actuelle des espèces nationales reste faible, même si elle évolue favorablement. Le Nord de la France a peu de données collectées et la Picardie n’y échappe donc pas…

A ce titre, je vais avoir besoin de l’ensemble des membres et bénévoles de l’association. Aidez-moi à repérer les fourmilières de vos jardins ou de vos sorties (fourmilières forestières comme sur la photo jointe) et signalisez-les moi. Je me déplacerai en fonction de mes disponibilités afin d’identifier sur place les genres présents. Cette démarche va nous permettre avec le soutien de scientifiques et référents nationaux de cartographier, déterminer avec précision les espèces et compléter nos connaissances sur le terrain.

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 Fourmilière forestière du genre Formica (Forêt de Compiègne). Très utile, une étude Suisse a démontré qu’une fourmilière de ce type, peut détruire 10 000 insectes par jour nuisibles aux arbres (chenilles, coléoptères, etc…) selon Forel…  Ces insectes sont donc à juste titre, protégés chez nos voisins européens.

L. COLINDRE. Texte et photographies de l’auteur. Tous droits réservés.

 

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